(4 mai 2007) A l'invitation de la Maison de l'Amérique Latine et de l'Institut des Hautes Études de l'Amérique latine, le 27 avril à Paris, le Secrétaire exécutif adjoint de la Commission Economique des Nations Unies pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), Ernesto Ottone, a réalisé une conférence sur le développement social en Amérique latine et sur les contributions de la CEPALC en la matière s'agissant du débat intellectuel et de l'assistance technique aux pays de la région.
Au cours de son intervention, Ernesto Ottone a rappelé en détails l'histoire du développement social durant les années 90 et ses principales caractéristiques. Il est tout d'abord revenu sur les années 80, la décennie perdue pour le développement de la région. Ensuite il a montré que chaque pays a adopté une voie propre, que la mise en place de réformes des réformes est venue rompre la notion de modèle unique de développement et que ceci a ouvert la voie à l'hétérodoxie dans la réflexion sur le sujet. Puis il a mis en évidence les contradictions d'un développement social dans lequel les avancées dans les domaines de la santé et de l'éducation, par exemple, n'ont pas été accompagnées de progrès en matière de réduction de la pauvreté ou des inégalités dans la distribution des revenus. Enfin, il a signalé que durant cette décennie caractérisée par une volatilité importante, les périodes de croissance élevée n'ont pas permis aux secteurs les plus pauvres de récupérer les pertes engendrées par les périodes de faible croissance.
Durant les deux dernières décennies, la CEPALC s'est intéressée principalement à 6 problèmes dont l'effet sur le bien-être est évident : (a) la pauvreté, (b) la distribution des revenus, (c) l'emploi, (d) la stratification du marché du travail, (e) la transmission des opportunités d'une génération à une autre, et, (f) l'importance et l'impact de la dépense sociale. Toutes ces questions ont un impact sur l'inclusion sociale et les dynamiques de développement.
Les transformations profondes qu'entraînent la révolution des communications, l'internationalisation de l'économie et les effets de la globalisation sur les sociétés de notre continent ont mis au premier plan le thème de la cohésion sociale. Il ne s'agit plus seulement de surmonter les multiples 'fractures' entre riches et pauvres, hommes et femmes, jeunes et vieux, ruraux et citadins, peuples originaires et classes dominantes, mais aussi de faire en sorte de parvenir à ce que chaque individu sente qu'il est partie prenante d'une même société, d'une même communauté de valeurs et d'un même projet collectif pour le futur.
Pour les sociétés d'aujourd'hui, ce sentiment d'appartenance constitue le principal écueil sur la voie du développement. C'est un problème qui vient s'ajouter à ceux déjà existants. La cohésion sociale est un accomplissement en soi mais également un moyen efficace pour parvenir à une citoyenneté intégrale, pour consolider la démocratie et pour atteindre le bien-être, en somme, pour cheminer vers le développement.
Dans ce sens, passer de la notion de développement social à celle de cohésion sociale ne revient pas seulement à opérer un virage sémantique. Cette évolution est chargée de sens et de nouveaux défis pour les pays de notre région et pour la CEPALC, en tant qu'institution engagée dans le combat pour le développement.
Cette intervention de Ernesto Ottone à Paris avait également pour but de faire connaître au public français les publications de la CEPALC traduites dans cette langue dans le cadre de l'accord de coopération signé le 19 novembre 2001 entre le ministère des Affaires étrangères français et la CEPALC. L'une des publications commentées par Ernesto Ottone dans son discours est l'ouvrage : "Une décennie de développement social en Amérique latine et dans les Caraïbes. 1990-1999". L'autre publication emblématique à laquelle il a été fait référence est le livre "Cohesión Social. Inclusión y sentido de pertenencia en América Latina y el Caribe".
Pour tout renseignement, contacter les services d'information de la CEPALC. Courrier électronique : dpisantiago cepal.org ; téléphone : (56 2) 210 2380/2149. |